Bonne nouvelle pour certains, mauvaise nouvelle pour d’autres : le Québec part en élections plus tard cette année. Plus précisément, le jour du scrutin pour la prochaine élection provinciale est le 5 octobre 2026. Au moment d’écrire ces lignes, la Belle Province est à exactement 8 mois plus un jour du jour J.
Soyons francs. La plupart des gens ne sont pas mordus de politique, encore moins au niveau provincial. À voir les taux de participation aux dernières élections, difficile de croire que les masses mourraient d’envie de faire la file pour déposer leur vote. Ce furent des taux modestes de 66,45 % et 66,15 % en 2018 et 2022, respectivement. En comparaison, 71,44 % en 2014 est un beau chiffre. Croyez-le ou non, il faut remonter à 1998 pour la dernière fois où plus de 3 électeurs québécois sur 4 se présentaient aux urnes (78,32 %). Pour plus de données palpitantes, j’invite les lecteurs à visiter le site officiel d’Élections Québec.
Pour ma part, l’idée d’une élection, qu’elle soit fédérale, provinciale ou même municipale, m’injecte toujours une petite dose d’excitation. Comme le café au petit déjeuner qui réveille. J’ai terminé un baccalauréat en sciences politiques il y a belle lurette et resté informé fait partie de mes habitudes depuis cette époque.
Les âmes confuses et perdues
Ce qui suit ne s’adresse pas à tout le monde. Bon, je ne cherche pas à exclure des lecteurs. Si vous savez exactement pour quel parti ou candidat(e) vous voterez le 5 octobre prochain, tant mieux. Certains vous en sont jaloux. Moi aussi peut-être.
Non, je désire synthétiser le sentiment qui domine chez ces personnes qui ne sauront que choisir si l’élection est demain matin, la semaine prochaine, le mois prochain, ou encore le 5 octobre. Car l’univers politique provincial fait face à une situation chargée de nuances. Assez pour étourdir.
Pour faire un choix, une prise de position s’impose. Qu’elle soit basée sur un plan économique, des idées axées sur la culture, l’environnement, sur la place du Québec au sein de la fédération canadienne, la personnalité d’un chef de parti, peu importe, mais tout électeur fait un choix sur quelque chose. Idéalement, sur quelques choses mais au moins sur une chose.
Dans le contexte actuel, je ne saurai dire si je dois saluer ou questionner ceux et celles qui savent précisément la question sur laquelle leur choix est fait. Je précise que je ne cherche pas à emprunter un angle hautain ou dédaigneux. Mais à regarder l’état actuel des partis politiques majeurs au Québec, je me pose des questions.
Un mauvais marécage de médiocrité
Parti Libéral du Québec
Par où commencer? Pourquoi pas chez les Québécois et Québécoises qui se sentent chez eux tant au Québec qu’au Canada ? Jamais un sans l’autre! Ok, parfait. C’est le Parti Libéral du Québec (PLQ) alors. C’est le plus fédéraliste parmi les principaux aspirants au pouvoir.
Oui, ce même Parti Libéral qui semble semé dans la controverse, réelle ou imaginée, depuis l’époque de Jean Charest et le printemps érable. Avec ce qui s’est produit dans les derniers mois et qui a mené au départ du chef le plus récent, Pablo Rodriguez, la marque de commerce des libéraux est pauvre. C’est une cote à la bourse qui peine à remonter la pente. Ce n’est pas comme si les libéraux avaient retrouvé leur lustre en 2022 sous la chefferie de Dominique Anglade. L’opposition officielle au Salon bleu grâce à un appui de 14,37 % de ceux qui ont exercé leur droit de vote. Wow. Slow clap (sarcasme).
Soyons honnêtes. C’est bien beau de dire que « Montréal, c’est pas comme le reste du Québec. C’est différent. C’t’un noyau culturel. » D’accord, mais c’est rendu que le PLQ ne représente que pratiquement Montréal. Aux dernières nouvelles, le nom de la formation n’est pas le Parti Libéral de Montréal.
Parti Québécois
Fervent supporteur pour la souveraineté du Québec? Le ciel est bleu et l’enfer est rouge? On a ce qu’il vous faut : le Parti Québécois (PQ). L’héritage de René Lévesque (personnage pour lequel j’ai, sincèrement, un grand respect). Durant la campagne électorale de 2022, les pouvoirs d’orateur du chef actuel, Paul St-Pierre Plamondon, charmaient. Même moi je le trouvais relativement impressionnant.
Mais c’est parfois marrant ce qui se passe quand, au lieu de monter une pente, nous sommes soudainement le groupe qui se trouve en haut (exemple, en menant dans les sondages). Ces jours-ci, M. Plamondon n’arrondit pas les coins quand il est question des gens qui ne sont pas tout à fait d’accord avec sa vision de la réalité.
D’autant plus qu’il serait intéressant de voir quel est le plan de match économique du PQ. Souveraineté, souveraineté, souveraineté. Oui, d’accord, mais le problème est qu’il est difficile de trouver un sondage qui donne raison à l’idée de tenir un référendum. Le site qc125.com, fondé par un professeur au Cégep du Vieux-Montréal, Philippe J. Fournier (il couvre aussi la politique pour divers médias provinciaux et fédéraux), offre des détails à n’en plus finir. Léger, Angus, Pallas Data, Ipsos, aucun n’a réussi à démontrer une majorité qui approuve l’idée de souveraineté.
Ah oui, c’est vrai, il y a une poussée vers l’indépendance chez les jeunes. Cool. C’est juste que le Québec a une population qui ne fait pas beaucoup d’enfants et est dangereusement vieillissante. Mais oui, super, plus de jeunes veulent la souveraineté qu’avant.
Les chiffres peuvent toujours changer. Mais le PQ martèle qu’on s’en va en référendum peu importe. Euh, c’est parce que…
Coalition Avenir Québec
Quel sera l’héritage de François Legault, qui tirera sa révérence en avril après la course à la chefferie? Serait-ce les derniers mois d’existence sérieuse de la Coalition Avenir Québec (CAQ), ou est-ce qu’il y a de la vie après Legault? Après tout, la CAQ c’est son bébé. Il est vrai de dire que le parti a connu d’autres personnalités mémorables, dont Pierre Fitzgibbon, Christian Dubé, et Bernard Drainville. Ce dernier s’y trouve toujours et tente sa chance dans cette course pour devenir le prochain chef de la formation.
Ceci dit, il est difficile d’imaginer une longue vie après Legault. Ce n’est pas impossible, seulement difficile à imaginer. Je prenais en exemple une marque de commerce tachée en écrivant à propos du PLQ, mais ce n’est pas mieux pour la CAQ. En fait, selon les sondages récents, la CAQ aurait remonté de 3%. Bravo. Il passe de 13% à 16% dans les intentions de vote. Donc, on parle d’une lutte féroce avec le Parti conservateur du Québec pour éviter de terminer au 4e rang. Ayoye.
Virage au numérique désastreux pour SAAQclic, négociations désastreuses concernant la rémunération des médecins de la province, choix douteux pour ajuster la gestion de l’immigration chez les étudiants et professionnels en remplaçant le Programme d’expérience québécoise (PEQ) par le Programme de sélection de travailleurs qualifiés (PSTQ). Ça fait des maux de tête.
Que ce soit Drainville ou Christine Fréchette qui mène les troupes caquistes à partir d’avril, l’un ou l’autre risque d’être capitaine d’un bateau qui amasse trop d’eau pour demeurer à la surface longtemps. Certains commentateurs qui analysent les chiffres et tendances disaient que la CAQ pourrait être rayée de la carte il y a quelques mois. Le parti n’est plus rendu là, mais c’est un constat qui fesse tout de même.
Québec Solidaire, Parti Conservateur
Je ne cacherai pas le fait que je n’ai pas une tonne de choses à dire au sujet de ces deux formations. Elles sont présentes, elles existent, elles font de leur mieux, mais il y a des constats sérieux à faire.
Pour le Parti Conservateur, un moment donné, il faut que ça bouge. Récolter entre 10% et 15% d’appui dans les sondages, mais jamais élire un des leurs à l’Assemblée nationale ne peut perdurer. Ça passe ou ça casse. Je m’excuse.
En ce qui a trait à Québec Solidaire (QS), je suis porté à croire que l’heure de gloire était en 2022. Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole à l’époque, a mené une campagne électorale louable. C’était son moment, on dirait. Et, honnêtement, QS est passé proche de former l’opposition officielle.
Statistiquement le parti a reçu plus d’appui que le PLQ (15,43 % contre 14,37 %), mais ce chiffre ne s’est pas traduit par plus de sièges (11 contre 21). Un bel appui, mais beaucoup trop concentré dans trop peu de circonscriptions sur l’Île de Montréal.
Et puis c’était fini. Nadeau-Dubois a tiré sa révérence en mars 2025. Toujours selon la montagne de données synthétisées par qc125.com, la dernière fois que QS avait plus de 15 % d’appui dans un sondage, c’était en juin 2024 (publié par Pallas Data). Ils n’ont pas plus de 13 % d’appui depuis décembre 2024. Selon les 17 sondages (toutes maisons confondues) publiés depuis juin 2025, QS récolte 10 % d’appui ou plus…5 fois. C’est pas fort fort.
Il est dit que QS est un parti « de la rue ». D’accord. Et alors?
Le choix pour l’électeur ou l’électrice qui se sent obligé de faire une analyse sérieuse de ses options n’est pas évident. L’état de la politique québécoise ne rend pas beaucoup de citoyens des autres provinces canadiennes jaloux. Comme je le mentionnais en début d’article, si vous savez déjà ce que vous ferez au bureau de vote le 5 octobre, tant mieux pour vous.
Avez-vous des conseils?

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