Hockey olympique et la recette gagnante du sport

Le dimanche 22 février, l’équipe canadienne masculine de hockey a participé à la finale olympique aux Jeux de Milan-Cortina 2026. L’opposition était une troupe américaine qui désirait renverser une défaite crève-cœur en 2025 lors du tournoi des Quatre Nations. Le Canada était presque à la hauteur des attentes, mais a subi une défaite 2-1 en prolongation. Médaille d’argent, donc. Mais est-ce vraiment si important que ça comme événement et comme résultat?

Quand le sport est rassembleur

À ces questions, je réponds que oui. Cependant, ce n’est pas nécessairement pour les raisons que pourraient croire certains et certaines. Bien sûr, pour un mordu du sport et du hockey particulièrement, que cette personne vive au nord ou au sud du 49e parallèle, le match était d’une importance critique. Ce furent les meilleurs joueurs de la planète qui représentaient leur pays respectif dans une compétition qui ne se tient qu’une fois tous les quatre ans. Pour quiconque avait attrapé la fièvre olympique en plus, avec un soupçon de patriotisme, le tour était joué.

Mais tout cela est d’une évidence crasse. Rien de mal là-dedans, mais évident quand même. Ce qui m’intéresse sont les discussions et les connexions moins attendues. Ce sont des exemples qui démontrent à quel point le sport, dans les meilleures instances, est rassembleur.

Des collègues de travail

Alors que le tournoi olympique est passé de la phase des groupes à celle des tours éliminatoires, une chose s’est produite au bureau. Tout d’un coup, nous étions plusieurs à demander des mises à jour des pointages quand le Canada jouait, même lorsque nous étions occupés par nos affaires. 

Personne 1 : « Aye, c’est quoi le score? »

Personne 2 : « Attends…C’est 2-1 pour la Tchéquie! »

Personne 1 : « Oh, ouain?! Voyons donc! »

Et ainsi de suite.

Tant la rencontre vis-à-vis de la Tchéquie que celle opposant le Canada à la Finlande se déroulaient durant l’heure du midi, gracieuseté des différences de fuseaux horaires. Dans les deux cas, et avec la télévision dans la salle de repos, il y avait des groupes de gens qui appréciaient les buts, la vitesse, les occasions ratées de justesse et les moments durant lesquels l’équipe canadienne a échappé belle.

Parmi ces gens, il y avait des hommes, des femmes, des employés plus âgés, d’autres plus jeunes, et des individus avec des racines culturelles variées. Est-ce que tout le monde s’y connaissait autant en hockey? Pas nécessairement. Quand le Canada a égalisé contre la Finlande en troisième période de la demi-finale, pas grand monde reconnaissait le joueur qui a marqué le but (Shea Theodore). Je m’inclus dans ce groupe.

Je rappelle que je travaille à Montréal, au Québec. L’équipe nationale n’incluait aucun joueur de la Belle Province, et pourtant nous étions tous là, à espérer que le Canada trouverait un moyen de l’emporter.

Discussion avec l’ennemi

Le meilleur était dimanche matin. Durant toute la finale j’ai discuté avec un vieil ami sur Messenger. Un Américain. Oui, quelqu’un venant de ce pays qui ces derniers temps agace, frustre et insulte. 

Mais, comble du fait, ce ne sont pas tous les Américains qui appuient la vision de leur président. Bien que mon ami ait apprécié la victoire des siens, nous avions passé une matinée particulièrement agréable. Des échanges d’analyse, des blagues, des opinions (sur le hockey et non, de grâce, sur la politique). Après la victoire des États-Unis, nous avons poursuivi nos discussions sur les moments palpitants du match. Ce fut avec des intentions honorables et avec bonne humeur. 

Ce matin-là demeurera un souvenir précieux pour moi. De un, je ne suis pas l’amateur de hockey que j’étais lors de ma jeunesse, donc une occasion de visionner une tête-à-tête aussi extravagante restera ancrée chez moi. De deux, c’était un exemple superbe d’amateurs qui, bien qu’ils supportent les équipes opposantes, surent mettre de côté les coups bas. Pas de bagarres, quoi.

Voilà le potentiel du sport

Donc, est-ce réellement important de savoir qui a mis les mitaines sur la médaille d’or? Dans un sens, oui. Le Canada est passionné par le hockey et, disons-le, remporte souvent les tournois internationaux. Le sport fait partie de son ADN. Perdre est une pilule difficile à avaler, encore plus quand ce sont nos voisins du sud qui nous devancent. 

Dans un autre sens, non. Il y aura d’autres opportunités, d’autres tournois d’envergure internationale, donc les Jeux d’hiver de 2030.

Mais plus importants encore sont les bons moments passés ensemble avec des amis. Ce type de lien tissé démontre qu’au final nous sommes dans la même équipe.

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