Je suis amateur de basket. Pas comme joueur. Non, pas du tout. Je peux dribler et tirer le ballon un peu, mais avec un pourcentage d’efficience d’environ 5% on ne va pas loin. Bref, le basket se déroule surtout à la télé en regardant la NBA et, parfois, la formation nationale chez les hommes. Ce que je regarde que très peu, c’est le championnat chez les femmes, soit la WNBA. Occasion en or le weekend du 10 au 12 juillet, alors que le Tempo de Toronto a reçu deux matchs au Centre Bell.
Petite histoire de la WNBA
Il est évident que le championnat chez les femmes n’est pas aussi populaire que celui chez les hommes. Outre le fait qu’il y a moins d’équipes (15 contres 30), qu’il existe depuis moins longtemps (1996 pour le WNBA, 1946 pour la NBA), la saison est contestée durant l’été et le début de l’automne, ce qui est justement quand les hommes profitent de la période hors-saison.
C’est un peu comme la LCF (Ligue Canadienne de Football) qui cédule ses parties du jeudi au dimanche durant l’été mais, dès l’ouverture de la nouvelle campagne de la NFL en septembre, évite les dimanches.
N’empêche, les femmes se donnent des têtes-à-têtes depuis 1996, une décision qui devait être approuvé par le conseil d’administration de la NBA. La campagne inaugurale fut jouée durant l’été 1997, alors qu’il n’y avait de 8 franchises. Les vedettes de l’époque qui ont marqué l’histoire de la ligue étaient Lisa Leslie, Cynthia Cooper, et Sheryl Swoopes.

Au fil des années, décennies et nouvelles conventions collectives, la WNBA a vu croitre sa popularité, relativement parlant. Comme plusieurs championnats, il y a eu des séquences dominées par certains clubs. Les Houston Comets ont remporté les quatre premiers titres. La franchise a plié bagage en 2008 pour absence d’appui financier, mais sera de retour en 2027. Plus récemment, les Aces de Las Vegas ont été couronnées championnes au cours de trois des quatre dernières saisons (2022, 2023 et 2025).
Sue Bird, Tina Thompson, Diana Taurasi, Sheryl Swoopes, Maya Moore, Becky Hammond, ces noms et d’autres ont aidé a attiré les yeux des foules pour non seulement la survie de la WNBA, mais sa stabilité actuelle.
L’Expansion internationale…à Toronto
Il faut battre le fer alors qu’il est chaud, et la WNBA a su reconnaitre une belle opportunité pour augmenter ses affaires avec une franchise au Canada. C’est en mai 2023 que la ligue envoie le Lynx du Minnesota et le Sky de Chicago pour un match de présaison à Toronto. Résultat : salle comble et une foule particulièrement enthousiaste.

12 mois plus tard, on annonce la création de la première équipe canadienne qui sera basée, sans surprise, dans la Ville-Reine. Bien que ça aurait été sympa que Montréal, Vancouver, ou tout autre métropole soit considérée, on ne peut contester la réalité. Toronto est la plus peuplée et plus riche des régions urbaines du pays.
Menée par l’entraîneuse-chef Sandy Brondello et les joueuses Maria Conde, Marina Mabrey, Kia Nurse (canadienne), Brittney Sykes, Toronto navigue une campagne inaugurale avec des hauts et des bas. Avant le premier des deux matchs à Montréal vendredi, la troupe a avait une fiche de 9-12.
D’ailleurs, la vétéran Brittney Sykes est présentement blessée et n’a pu participer à aucune des deux rencontres montréalaises.
Foule record contre Dallas
J’admets pleinement que je n’étais pas au courant de la visite de la WNBA dans la métropole québécoise. Sans blague, c’est en prenant le métro vendredi après le travail que j’ai remarqué, à travers la vitre lors d’un arrêt à une station, une publicité pour le Tempo.
Le Tempo? C’est l’équipe à Toronto, ça. C’est quoi le rapport?
La ligue a cru bon de faire un peu de promotion en envoyant le Tempo, les Wings de Dallas et le Liberty de New York ici le temps d’une fin de semaine au Centre Bell.

C’est samedi matin que j’ai appris que Toronto et Dallas ont joué devant une foule de 20,996, un record pour la WNBA. Victoire de Dallas toutefois, 108-95.
Il faut savoir qu’à leurs vrais domiciles, ni le Tempo, ni les Wings donnent prestation dans les arénas où opèrent les équipes masculines. Pour la formation ontarienne, c’est au Coca-Cola Coliseum, qui reçoit un maximum de 7,779 amateurs. C’est pour dire que vendredi soir, c’est l’équivalent du triple de ce monde qui s’est payé un billet d’entrée.
Moi qui adore le basket, je ne pouvais me permettre de rater l’occasion de voir un match de calibre professionnel, bien que le calibre du basket des femmes n’est pas comme celui des hommes. Les « dunks » se font rares et le jeu physique n’est tout à fait au même niveau.
Quoi qu’on en dise, la WNBA est le championnat par excellence chez les demoiselles.
Un dimanche sympathique
La foule de dimanche après-midi n’a pas fait égal à celui du vendredi soir. Un total de 12,724 ont pris place au Centre Bell.
Bon, c’était un après-midi d’une beauté remarquable. Il est important d’en profiter avant le retour au bureau lundi. C’était aussi le deuxième match de deux. La fiesta et l’excitation de voir quelque chose de rare était vendredi soir.
Malgré ce, 12,724, c’est quand même presque 5,000 personnes de plus que quand le Tempo défend les honneurs devant ses partisans habituels. Le Centre Bell a jugé bon de fermé la majorité du troisième étage. Ce faisant, le deuxième (où j’étais placé) et le premier étaient tous deux assez remplis.

Première remarque qui ne surprendra personne : il y avait beaucoup de femmes dans la foule. Oui, il y a des femmes aux matchs du Canadien de Montréal, des Alouettes et du CF, mais décidemment je faisais partie de la minorité durant un événement sportif. Chose rare.
Deuxième remarque : beaucoup, beaucoup de jeunes. Enfants, adolescentes et jeunes adultes. Ces deux constats (sexe et groupe d’âge) nous renseignent sur le potentiel du sport et, qui plus est, de la culture. Il y a toujours plus d’hommes que de femmes qui consomment le sport professionnel, mais ce n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de femmes qui le font, ni que leur nombre est négligeable. Le basket a sa place aussi à Montréal.
L’atmosphère était au rendez-vous, après-tout. C’était une occasion rare de voir en action une joueuse comme Sabrina Ionescu du Liberty. Cette dernière a été saluée chaudement par la foule durant son introduction d’avant match malgré qu’elle joue pour l’équipe adverse.
Toronto semblait dominer l’affrontement, avec une avance de 20 points au troisième carton. Toutefois, c’est une équipe jeune qui cherche encore le chemin vers la constance. New York est là depuis des années, sacrée championne en 2024. Suffis de dire que la dernière période était chaude et la foule l’a senti. Un panier d’une importance colossale avec 52 secondes à faire et un rebond défensif ont permis au Tempo de survivre la rencontre 93-91.
Belle journée, beau souvenir
En quittant le Centre Bell en fin d’après-midi, j’appréciais l’expérience différente. C’est vrai que j’assiste à plusieurs événements sportifs, mais de quoi axé sur les femmes n’est pas dans mes habitudes.
La foule était enthousiaste et, à entendre les réactions, connaissait très bien le basket. Peut-être que Montréal verra un jour la naissance d’une équipe de la WNBA. Elle en a une dans la PWHL (La Victoire. Championne 2026, d’ailleurs) et possède un club pour la première campagne de l’existence du Northern Soccer League, ou NSL (les Roses).
Avec des joueurs incroyables chez les hommes comme Luguentz Dort (Oklahoma City Thunder), Bennedict Mathurin (Los Angeles Clippers), et Olivier-Maxence Prosper (Memphis Grizzlies), ce n’est peut-être qu’une question de temps.
On aura Toronto à remercier pour avoir fait augmenter le tempo.

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