Le samedi 25 avril, 2026 j’ai visité le Stade Saputo, domicile de l’équipe CF Montréal (Club de Football Montréal) du championnat Major League Soccer (MLS). C’était jour de match alors que New York FC a atterri dans la Belle Province. Il faisait très beau, avec une température tout juste en dessous de 20 degrés Celsius et un ciel d’un bleu éclatant. Voici quelques remarques.
Début de saison difficile
Un peu de contexte pour certains des points que nous aborderons ci-dessous. À noter que les choses ne vont pas de bon train chez le CF depuis quelque temps. Non seulement le club a raté les séries de la MLS durant la saison 2025, mais il vit un début de 2026 cauchemardesque. Avec une fiche de 1-6-0 en sept rencontres, le club a congédié l’entraîneur-chef Marco Donadel après la défaite 2-1 contre Philadelphie le 11 avril.
Entre alors Philippe Eullaffroy afin de…sauver les meubles? Changer la culture? Retrouver le goût de pousser jusqu’au bout et, peut-être, remporter des matchs? Un peu de tout ça, quoi.
L’effet positif du changement s’est immédiatement fait sentir avec une belle prestation le 18 avril contre les Red Bulls de New York, que Montréal a écrasés 4-1.

Après une équipe représentant la Grosse Pomme, voilà une autre qui s’emmenait à la métropole québécoise pour mettre les freins sur le peu de confiance que l’entraîneur a su injecter.
Stade Saputo loin d’être rempli
Si le sujet de discussion est le sport professionnel ou amateur, Montréal est une ville de hockey, point final. Même lorsque le CF performe (chose rare, mais il y a déjà eu quelques très bonnes campagnes par le passé), les médias et le public se concentreront toujours plus sur les Canadiens de Montréal.
Qui plus est, l’équipe de hockey a non seulement connu une belle saison, mais se trouve en pleine bataille au premier tour des séries éliminatoires. Avec une grosse victoire importante à domicile vendredi soir pour mener sa série 2-1 et une quatrième rencontre toujours au Centre Bell dimanche, c’est certain que la ville a le bleu, blanc et le rouge sur le cœur.

Mais j’étais tout de même déçu du peu de partisans qui ont fait le chemin samedi après-midi au Stade Saputo. Avec à peine 5 minutes avant la sortie des joueurs, la moitié des sièges demeuraient vides. Sans blague.
Deux problèmes s’imposent ici. Premièrement, le Stade Saputo est très loin du cœur de l’action à Montréal. Les Canadiens, les Alouettes (de la Ligue canadienne de football, ou CFL), Places des Arts, la plupart des musées importants, les gros restos, même le Vieux-Montréal ainsi que le Port, tout se trouve généralement dans le même coin, ou du moins pas loin.
Le Stade Saputo est carrément dans l’est de la Ville, dans le quartier de Hochelaga-Maisonneuve. Oui, il y a le Planétarium, le Biodôme et le Jardin botanique à côté. Il y a des trucs à faire, mais ce n’est pas comme le centre-ville.
Deuxièmement, pour encourager les gens à se déplacer dans l’est de la ville, ça prend une équipe qui en vaut la peine. Pas de participation aux séries en 2023, 2025, et un début de 2026 pathétique donnera envie à peu d’hypothéquer leur samedi après-midi.
Des partisans de toutes les couleurs
On voyait un peu de tout samedi au Stade. Ici, je ne fais pas référence à la présence des hommes, des femmes, des adolescents et des parents avec leurs bambins et bambines. Bien sûr, tous ceux-là figuraient dans les estrades.
Non, il est question des maillots que portaient les supporteurs. Déjà, grand respect pour ceux qui ont leurs maillots de l’Impact de Montréal. C’est apprécié parce que ça veut dire que vous êtes supporteurs depuis longtemps et, soyons francs, le nom est beaucoup plus cool que CF Montréal.

À ma grande surprise, quelques personnes se tenaient avec soit le maillot soit une casquette avec le logo désastreux que le club avait durant quelques années après avoir laissé de côté le nom Impact. Vous savez, l’espèce de flocon de neige gris comme la neige dans les rues de Montréal au mois de mars. La « neige slush ».
C’est comme les partisans des Canadiens qui se pointent au Centre Bell avec le maillot spécial aux couleurs des Expos des années 70. Euh, non. Juste non.
Ça c’est une chose, mais au moins ce sont les couleurs du club, flocon dégueulasse inclus.
Il y avait des maillots de Real Madrid, de Barcelone, du PSG, de Bayern Munich. Euh, c’est parce que ces équipes ne sont pas au rendez-vous aujourd’hui. Elles ne sont même pas dans le même championnat. Elles jouent sur un autre continent!
Le plus rigolo était celui qui portait un Messi aux couleurs d’Inter Miami. Le gars adore tellement Lionel Messi (qui ne l’aime pas?) qu’il a opté pour son numéro avec un club rival du CF.
Le CF manque d’impact
Je n’en veux pas nécessairement à ces partisans. Au moins ils étaient présents pour apprécier un match de foot sous un soleil merveilleux de fin avril.
Cependant, ça porte à réflexion. Pourquoi irais-je au Stade Saputo pour assister à une partie du CF tout en m’annonçant comme supporteur d’une équipe qui n’a rien à voir avec celle de ma ville, ni même du championnat dans lequel elle lutte?
Tout simplement parce que le CF Montréal manque d’impact. Wow, quel jeu de mots.
Pourtant, c’est vrai. Une personne qui désire sincèrement appuyer un club voudra se procurer un maillot, un t-shirt, un hoodie, une casquette, le foulard, etc. Moi, qui ne porte jamais en public d’articles liés à des équipes sportives, je possède une belle casquette bleue du CF, réservée exclusivement pour les jours au Stade.
Ce qui veut dire que, d’un certain point de vue, le club, sous la direction de la famille Saputo, échoue à son devoir. Oui, la personne qui a son maillot de Mbappé a acheté son billet et a donc contribué à la trésorerie de l’équipe – on est d’accord – mais elle préfère quand même annoncer que le Real Madrid est plus important que le CF Montréal.
Lors d’un match du CF Montréal, je tiens à préciser.
Plan de match
Il est primordial que le CF Montréal retrouve le chemin de la victoire d’ici peu. Déjà qu’il est parmi les clubs avec les plus petits budgets de la MLS, il ne faudrait pas que le carrousel des entraîneurs-chefs persiste. Ni qu’à chaque fois qu’un joueur devient assez bon, celui-ci poursuit sa carrière ailleurs.

Un samedi après-midi au Stade est amusant, surtout quand il fait beau et quand l’équipe l’emporte. Ce fut le cas, 1-0, grâce à un très beau but de l’attaquant Prince Owusu. Il y a eu des moments nerveux après la mi-temps quand NY FC a mis plein le gaz pour égaliser, mais trois points récoltés au final.
Une partie à la fois, une semaine à la fois. Ça concerne les joueurs et les entraîneurs. Pour la direction, une décision à la fois. À voir le public modeste samedi, il y en a d’importantes à prendre dans pas longtemps.

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